Il n’ya pas de déclin inexorable de la France ou de l’Europe, face à la montée de la concurrence mondiale. Il existe des démarches des entreprises, des individus et de l’Etat pour favoriser leur adaptation aux métamorphoses actuelles. Le creuset du changement se trouve dans les entreprises dépositaires d’une expertise en la matière . Elles sont un réservoir d’excellence de survie dans un monde aléatoire. La présence de collaborateurs qui éprouvent un besoin grandissant de responsabilité personnelle et la passion du client, telle est la base du mouvement vers l’avant. Il faudra l’encadrer par un système de valeurs et par une vision concrète et volontariste, incarnée au quotidien. L’expérience montre que quatre attitudes constituent de véritables leviers de changements dans une entreprise :s’appuyer sur ses actionnaires pour poser une exigence de changement ; mesurer ce qui est porteur d’avenir ;essayer de faire constamment plus vite ce que l’on sait faire ; s’ouvrir en permanence au monde extérieur. Un point est essentiel : pour faire évoluer une organisation, il faut être passionné de l’exécution, du détail, du suivi pas à pas des réalisations, des hommes et des clients. C’est la passion qui fait souvent défaut à nos décideurs. Dans notre culture la satisfaction de la belle idée est souvent dominante. La mise en œuvre lente, détaillée, laborieuse, est souvent tenue pour subalterne. Or l’expérience montre que l’on ne décrète pas le changement par en haut ou de l’extérieur. Il faut induire la mutation internes des mentalités et des comportement par une pédagogie et par des actions concrètes. Il faut oser introduire le désordre créatif, promouvoir en fonction des résultats et privilégier les structures légères. Tout ceci revient ,sans emphase et dans le concret à mettre l’humain, à tous les niveaux, au centre.
Ceci signifie aussi que l’individu est l’acteur central du changement. En effet il n’est pas possible d’évoquer le changement, sans regarder ce qui se passe au cœur de l’individu. Quelles sont les attitudes intérieures qu’il faut faire siennes, pour devenir chacun à notre façon , un acteur du changement ? Il faut s’ouvrir , ne pas hésiter à se former au questionnement, à la curiosité ; Il est nécessaire de se bâtir, c’est-à-dire connaître son désir, régler ses comptes avec son passé ; Bref, il convient de se forger une armature intérieure qui allie adaptabilité et volontarisme. Les centres de formation d’entreprises, ou les centres sportifs de compétition investissent des ressources considérables dans un travail pédagogique personnalisé. Il s’agit d’aider chaque individu à acquérir et à réacquérir une virtuosité technique, une sagesse personnelle, un équilibre et une autonomie. Ces qualités sont essentielles pour pouvoir expérimenter, capitaliser sur ses échecs , travailler en équipe, en bref promouvoir un projet.
Elles le sont tout autant, lorsque l’enjeu du changement est l’Etat. Les Etats se savent désormais condamnés au changement. L’effervescence technologique, la globalisation des échanges, celle des marchés financiers, l’intégration Européenne sont parmi les moteurs principaux de la dynamique de changement. En outre l’Etat a le devoir de choisir le changement parce qu’ une société bloquée est une société injuste. Pour cela il faut assurer le renouvellement des élites, oser regarder à l’extérieur, à l’étranger ou dans l’entreprise, sans préjugé, pour accélérer le renouveau du tissus administratif de la France.